Notre histoire 

La Constitution fédérale de 1848 centralisa l’armée. De ce fait, les anciennes troupes valaisannes se virent licenciées avec leurs cadres et leurs contingents. Les éléments de la musique du bataillon 40, qui faisaient le service, se dispersèrent à leur tour. Rentrés dans leurs communes, ils regrettèrent les marches guerrières du régiment, rêvant d’y créer des corps de musique.
Le Département militaire, comprenant ces aspirations légitimes, vint, en 1854, au-devant de leurs vœux, instituant un cours d’instruments de cuivre à la caserne de Sion. Y assistèrent quelques représentants des communes de St-Léonard, Grône, Lens, Chalais, etc. qui apprirent les principes de la musique et le jeu des instruments. Ils continuèrent les exercices dans leur localité, sous la conduite d’un caporal trompette.
La Société de musique de Lens ne possède aucun document écrit jusqu’à l’élaboration des statuts en 1918.
Cependant, l’historique des 40 premières années de son existence, rapporté par la tradition orale, a été transcrit dans le livret de fête du 32e festival de la Fédération des musiques du Valais central, à Chermignon, le 23 mai 1926 :

Il n’est pas possible de déterminer d’une manière certaine la date de fondation de cette Société. Pour autant que nos renseignements soient exacts, nous croyons savoir que son existence remonte à l’année 1876 et que c’est à l’ancien syndic Pierre Briguet que revient pour une bonne part le mérite de l’avoir constituée. Hâtons-nous d’ajouter que jusqu’en 1918 aucun livre de compte, aucun statut, ni règlement n’étaient connus dans la Société, de là, absence complète de tout document pouvant nous fixer sur les points essentiels de son
existence.
Des témoignages divers et concordants que nous avons recueillis, nous savons toutefois que bien avant 1876, Lens comptait un certain nombre d’amateurs fervents de la musique instrumentale. Nous savons de même qu’antérieurement à la formation d’une société de musique à Lens, ces vétérans de la trompette trouvaient l’occasion de cultiver l’art musical d’une manière plus ou moins suivie et méthodique auprès de la fanfare de Montana,
dissoute dans la suite et alors dirigée par un nommé Joseph-Marie Perruchoud de Chalais et où se rencontraient également des musiciens de Chermignon et d’Icogne. Ce fut ensuite dans les rangs de la Société de musique de Chermignon, constituée peu de temps avant celle de Lens et dirigée dès le début par Théodore Bonvin que se forma un nouveau noyau de musiciens lensards.

Parmi les anciens musiciens de Lens et d’Icogne ayant fait partie des fanfares de Montana et de Chermignon, notons :
Pour Lens : Rey Pierre-Louis, Briguet Pierre, syndic, Rey Sébastien, forestier, Gindre François, douanier, Mudry Daniel, Nanchen Ambroise, Bagnoud Maurice et Mudry Joseph, menuisier.
Pour Icogne : Praplan Joseph-Louis, syndic, Bonvin Ignace-Augustin, conseiller.
En 1876, stimulé sans doute par son souci constant de progrès et de développement dans tous les domaines et encouragé plus encore par les musiciens déjà existants, l’ancien syndic Pierre Briguet entreprit enfin de fonder également, à Lens, une société de musique. Il y réussit pleinement. Comme membres exécutants ayant adhéré à la société dès les deux
premières années de sa fondation, on nous indique :
Rey Sébastien, garde-forestier, Gindre François, douanier, Nanchen Ambroise, Mudry Joseph, menuisier, Bagnoud Maurice, Duverney Jean-Baptiste, conseiller, Bétrisey Michel, Rey Cyrille, Rey Pierre, instituteur, Bagnoud Adrien de Louis, Bagnoud Louis de Louis et Lamon Joseph d’Alexis.

Il faut croire que la jeune Société acquit bien vite une réputation qui lui faisait honneur, puisque dès le début et durant un certain nombre d’années, elle fut régulièrement demandée comme musique d’honneur aux fêtes paroissiales de St-Maurice-de-Laques et de Conthey, où on lui allouait 5 francs par jour et par musicien.
La direction de la Société fut successivement assurée par le syndic Pierre Briguet, par le garde-forestier Sébastien Rey, par l’instituteur Pierre Rey et enfin par Ernest Nanchen qui, musicien à 12 ans, prit la direction de la Société à l’âge de 16 ans seulement. Le directeur était nommé par les membres exécutants pour une durée illimitée et assumait à la fois la direction et l’administration de la Société. Ce n’est que quelques années avant la
constitution actuelle de la Société que le Directeur fut déchargé de son administration et que celle-ci passa à un comité de 2 membres, nommés pareillement pour une durée illimitée.
En 1918, sous l’initiative énergique de son directeur, Ernest Nanchen, des statuts en harmonie avec le but poursuivi furent enfin élaborés et, en séance du 21 juillet de la même année, adoptés par l’assemblée générale composée d’une trentaine de musiciens.

Extrait du livret de fête du 32e festival de la Fédération des musiques du Valais central, à Chermignon, le 23 mai 1926

Depuis 1918, la Société a suivi son cours normal sous les présidences suivantes :

 Jean-Baptiste Bonvin

 1918 – 1922

 Henri Emery

 1923 – 1938

 Joseph Emery

 1939 – 1952

 André Emery de Jean-Baptiste

 1953

 Joseph Bruchez

 1954 – 1965

 Alphonse Emery

 1966 – 1972

 Ambroise Briguet

 1973 – 1980

 Noël Rey

 1981 – 1985

 Fernand Nanchen

 1986 – 1996

 Bernard Rey

 1997 – 2004

 Eddy Emery

 2005 – 2014

 Benjamin Nanchen

 2015 –

 

Les directeurs qui ont marqué la Société furent, dès 1876 :

 Pierre Briguet, Syndic

 –

 Sébastien Rey

 –

 Pierre Rey

 –

 Ernest Nanchen

         – 1926

 Jules Nanchen

 1927 – 1943

 Jean Rey

 1944 – 1949

 Cécil Rudaz

 1950 – 1960

 Pierre Bonvin

 1961 – 1977

 Claude Morard

 1978 – 1989

 Aimé Bonvin

 1990 – 2004

 Yves Rey

 2005 – 2016

 Frédéric Bonvin

 2017 –

 

En 1945, la Société tente une ébauche d’uniformisation par le port de casquettes. C’est en 1963 qu’ont été inaugurés les premiers uniformes tandis qu’en 1975, année du centenaire, les deuxièmes costumes ont été portés par les musiciens.

En 2000, lors des festivités du 125ème anniversaire de l’Edelweiss, de nouveaux costumes ont été inaugurés.

Dans sa longue existence, plus de mille musiciens ont joué dans les rangs de l’Edelweiss et un nombre bien plus grand encore d’amis ont servi en tant que, désignation oblige, membres non-exécutants, puis membres passifs, et enfin membres honoraires.